Devenir père

Devenir le père que je rêvais de devenir

devenir-pere

Mes premières années en tant que père, j’ai tout fait de travers.

Et pourtant, j’ai essayé de bien faire.

Et pourtant, j’avais des bases solides acquises durant mon enfance.

Mais il y a dans la vie des défis à relever. Plus grands que nous. Plus impressionnants. Et je ne les avais pas prévus. Je n’avais pas voulu les mettre dans mes réflexions de construction d’une famille.

Je n’avais qu’une volonté :

“offrir à un puis deux nouveaux êtres humains le plus beau cadeau qu‘il nous est donné de posséder : une porte d’entrée vers le monde merveilleux et magique dans lequel nous vivons”

“ Il y a deux façons de voir la vie, l’une comme si rien n’était un miracle, l’autre comme si tout était miraculeux. “ A. Einstein

Si tu vas devenir père ou que tu l’es sans en être pleinement satisfait, je te propose de te partager une trouvaille que j’aurais aimé découvrir un peu plus tôt dans ma carrière de père.

Etre père, c’est faire des sacrifices

Si tu vas devenir père, tu n’as peut-être pas encore vraiment réalisé qu’un grand nombre de tes habitudes t’étaient vitales. En effet, c’est souvent au moment où on les perd que nous nous rendons compte des petites choses du quotidien qui nous permettaient de nous définir en tant qu’individu. Et pourtant certaines d’entre elles seront chamboulées ou pire, mises au placard !

A ce stade, tu as deux solutions qui t’amèneront toujours à faire un sacrifice :

  • Lutter, résister de toutes tes forces pour conserver ces habitudes qui fondent la personne que tu es. Décider de ne pas les modifier qu’importe les raisons logiques qui te pousseraient à le faire.
  • Refouler ces besoins le plus loin possible, tout au fond de toi. Car tu sais que ces habitudes n’ont plus de place dans la nouvelle disposition de ta famille.

De mon côté, j’ai voulu frapper fort : j’ai choisi les deux solutions en fonction des habitudes que je voulais conserver ou non.

A la naissance de mon fils, j’ai donné ma télévision. Du jour au lendemain plus de télé. Refouler.

Sortir et voir du monde me semblait plus que vital donc qu’importe les besoins de la famille, je prévoyais un soir ou deux par semaine pour laisser en plan femme et enfant et partir m’amuser. Résister.

J’ai transformé mon bureau, mon espace personnel dans la maison en chambre pour enfant. Refouler.

Mais je ne voulais pas perdre mon “espace personnel” alors je l’ai créé dans l’une des armoires de mon buffet (oui oui, en plus d’être une idée absurde, c’était d’un inconfort total). Résister.

Les weekends détente en couple ? Les City trips que l’on adorait ? Refouler.

Je me suis remis au sport et j’allais courir tous les matins. Résister.

Puis tous les dimanches. Résister ?

Puis plus du tout. Refouler.

Prendre du temps pour moi le matin. Résister.

Pouvoir bouquiner en vacances une pile de livres. Refouler.

Et cette liste pourrait être longue. C’est normal il parait. “On t’avait bien prévenu que ta vie allait être complètement chamboulée avec l’arrivée d’un enfant”. Oui mais moi, je n’y avais pas réfléchi. C’est fou non ? Quand on y pense…

Et comme j’ai eu la chance d’en parler avec d’autres pères, j’ai compris que cette liste Résister ou Refouler existait chez chacun d’entre nous. Plus ou moins longue. Plus ou moins frustrante. Mais que plus ces pères étaient conscients de l’existence de “La liste” avant de devenir père, moins grande était leur frustration et meilleure était leur vie parentale.

La recherche d’une solution

C’était donc ça la solution ? Accepter de sacrifier qui nous étions pour devenir qui nous devrions être ? Se convaincre que tous les merveilleux moments que nous passons avec nos enfants nous comblent entièrement ?

Au fond de moi, je savais que cette liste me consommait. A petit feu. Oui, j’étais un père comblé par sa famille. Mais je ne voulais me résoudre à penser que j’avais dû abandonner l’homme que j’étais pour devenir père.

Où était passé le mec créatif qui passait des journées à dessiner, peindre ou jouer de la guitare ?

Où était passé le mec qui n’avait pas besoin de maîtriser la gestion du stress ? Stressé, il ne l’était tout simplement jamais.

Le jour où ces questions sont survenues, j’ai su. J’ai compris immédiatement que je n’allais pas m’avouer vaincu. Qu’il ne pouvait pas y avoir que ça. Que la vie devait proposer d’autres alternatives.

Alors j’ai cherché la clé du succès dans une troisième solution.

Une troisième solution ? Il n’y en avait pas que deux ? Résister ou refouler ?

“Think out of the box” est l’une des expressions phares pour tout manager qui se respecte. Alors j’ai décidé de la prendre au mot. Prendre du recul. Prendre le temps d’analyser le contexte sans y placer notre propre vision limitée ou nos sentiments.

Alors j’ai réalisé que depuis toujours je suis quelqu’un qui n’a jamais aimé faire des compromis. C’était peut-être un peu de cela que je perdais jour après jour.

Je voulais garder mon ancienne vie ET en créer une nouvelle en tant que père aimant et présent pour sa famille.

Quand j’ai dû apprendre à conduire une voiture manuelle ou automatique, j’ai fait les deux.

Quand j’ai eu la possibilité de rentrer dans le monde du travail ou de continuer mes études, j’ai travaillé en journée et poursuivi mes cours en soirée à raison de 5 soirs/semaine + samedi matin (sans compter les travaux de groupe et le mémoire)

PAS.DE.COMPROMIS.

Pourtant cela semblait impossible. Chaque fois que je voulais sortir du mode Résister ou Refouler, cela me demandait des réels efforts. Efforts que je ne voulais pas fournir dans un premier temps. Parce que la vie avec un enfant puis deux me semblait déjà un petit peu plus compliquée qu’elle ne l’était avant. Parce que les nuits étaient plus courtes, les journées plus remplies et l’énergie au plus bas.

Aujourd’hui

C’est pour ça qu’aujourd’hui j’avais envie de te partager comment j’ai trouvé un équilibre familial qui me permet de m’épanouir et de devenir le père que je rêvais de devenir.

Aujourd’hui, je n’ai plus de télévision mais je regarde toujours mes séries préférées sur mon ordinateur tout en ayant le temps de lire des livres au quotidien.

Aujourd’hui, je rentre toujours chez moi coucher mes enfants avant de sortir voir des amis et si je veux les voir plus tôt, ils passent à la maison profiter d’un petit moment en famille avant un chouette resto.

Aujourd’hui, j’ai appris qu’avoir un espace personnel, c’était important. Mais que de prendre possession de sa propre maison pour s’y sentir bien, c’était mieux.

Aujourd’hui, nous avons troqué les journées spas pour des excursions familiales qui plaisent à l’ensemble de la famille et quand nous voyageons, nous passons en mode “slow life” parce que c’est ça aussi les vacances.

Aujourd’hui, j’ai appris à faire du sport en dehors des moments familiaux. Comme c’est un sujet qui me tient à cœur, j’en parlerai certainement dans un autre article.

Aujourd’hui, j’ai compris que prendre du temps pour nous le matin me rendait bien plus heureux que prendre du temps pour moi.

Ouvrir les yeux

Ouvrir les yeux, c’est se rendre compte des petits bonheurs du quotidien.

Ouvrir les yeux, c’est évacuer la frustration et accepter le changement.

Ouvrir les yeux, c’est apprendre à rester soi-même tout en évoluant.

Alors à toi aussi, je te souhaite de toujours garder les yeux grands ouverts pour que ta vie soit la plus belle possible.

Belle journée à toi et surtout profite de l’aventure !

13 Comments
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13 Comments

  1. Maman du 21ème siècle
    20 novembre 2017 at 10:28

    Il est génial cet article ! Merci !!!
    Ces compromis et ce sentiment de refouler ou résister n’est pas l’apanage des pères, ils nous concernent tous, parents.
    La clé pour pouvoir profiter de tous ces petits bonheurs que tu décris est aussi d’apprendre à se connaître et s’accepter, et ça c’est parfois le travail de toute une vie !

  2. Maman du 21ème siècle
    20 novembre 2017 at 10:28

    PS : très sympa cette petit combinaison Cyrillus : nous avons la même !! 😉

  3. Happy Daddy
    20 novembre 2017 at 10:49

    Et je ne suis même pas certain qu’une vie suffirait ! Mais j’imagine que si on suit la direction que l’on s’est fixée, il n’y a pas de raison de ne pas y arriver (même si avec des enfants on a souvent l’impression de faire deux pas en avant puis un en arrière).

    PS : oui mais il ne rentre déjà plus dedans 🙁 J’avoue pour le blog je recycle d’anciennes photos n’ayant pas encore pris le temps au quotidien d’en faire des spécifiques pour aller de pair avec les thèmes abordés 😉

  4. Laetitia Mouleflex
    22 novembre 2017 at 11:54

    C’est une bien belle manière de voir les choses. Je pense que je suis encore à chercher comment tout faire sans avoir la sensation de priver mon côté maman ou mon côté femme. Mais j’y travaille.
    J’aime bien voir le point de vue des papas, ça me permet de comprendre un peu mon conjoint aussi.

    • Happy Daddy
      22 novembre 2017 at 12:07

      Je ne sais pas si ça pourra t’aider mais parfois c’est parce qu’on ne regarde pas du bon côté, que l’on ne prend pas assez de recul sur sa propre situation.

      Je me souviens de la tristesse que nous avons ressenti quand nous avons dû arrêter le sucre à la maison. Tant de privation. La vie qui allait devenir moins belle.
      Et tant que nous avions cette idée en tête, la vie gustative était réellement moins belle.
      Jusqu’au jour où nous avons décidé de réinventer notre cuisine. Au lieu de vouloir manger ce que nous mangions avant sans sucre, nous avons choisi de toutes nouvelles recettes appétissantes qui n’avaient pas besoin de sucre (on en retrouve déjà quelques unes sur le blog d’ailleurs !) Et d’un coup, arrêter le sucre n’était plus un calvaire mais une bénédiction, on découvrait de nouvelles saveurs tout en ayant un sentiment ultra positif de faire du bien à notre corps.
      Au final, sur l’échelle du bonheur, nous y avons clairement gagné !

      Moi aussi ! C’est justement parce que je ne trouvais pas (assez) de point de vue de papas aux moments où j’en avais besoin que je me suis lancé dans le blogging 🙂

  5. Amandine Plume2vie
    22 novembre 2017 at 8:52

    Je te découvre ce soir et quel article, un billet criant de vérité et tu peux être fière des mots Que tu as choisit, la manière dont c’est écrit et très touchant et réaliste. J’aime beaucoup la manière dont tu l’as construit. Une belle découverte ce soir.

    Amandine

    • Happy Daddy
      23 novembre 2017 at 10:35

      Merci beaucoup :o)

  6. Lladymum
    22 novembre 2017 at 11:06

    C’est asssez chouette de voir la partie papa

    Chouette de couverte 🙂 chouette article

    • Happy Daddy
      23 novembre 2017 at 10:39

      Merci ! C’est tout aussi chouette pour moi de la partager :o)

  7. Lauriane
    27 novembre 2017 at 4:48

    J’aime beaucoup cet article!
    Pour moi la fameuse liste est apparue a la naissance de mon deuxième enfant. Pour le premier, les sacrifices me semblaient moindre. Mais deux enfants je trouve que c’est vraiment du sport! Et en parlant de sport, la solution que J’ai trouvé de mon côté, c’est d’aller courir avec mon fils qui me suit en vélo et mon mari qui court a côté en poussette! En tout cas J’aime beaucoup ta vision des choses! Au plaisir de te lire!

    • Happy Daddy
      27 novembre 2017 at 11:24

      Merci :o)

      Oui, je te confirme que l’arrivée du deuxième enfant, je l’imaginais beaucoup plus facile à gérer « ayant déjà un enfant ». Mais même s’il a fallu encore une fois se réinventer en tant que parent, se retrouver en tant qu’adulte dans cette situation changeante, au final, c’est avec plus de maturité et d’expérience que j’ai géré (et je gère toujours) cette nouvelle configuration familiale alors cette liste certes j’ai dû la prolonger (fini les siestes le weekend, fini le moment « réveil » et calme le matin, …) mais avec un sentiment positif et cette sensation de bien faire les choses. De faire les bons choix.

      C’est également une bonne idée mais j’imagine déjà la tête des membres de la famille si je leur propose ça ! Même notre petit dernier qui finalement refuse la poussette pour se balader par lui-même ;o)

  8. Sarah Boots And Pepper
    27 novembre 2017 at 7:10

    Cet article a quelque chose d’universel je pense… car écrit au féminin il résume à peu de choses près ce que je vis depuis 4 ans! Très beau témoignage, je te découvre par le biais de cet article suite à ton passage chez moi ce matin, et c’est un plaisir de te lire! À très bientôt, Sarah

    • Happy Daddy
      27 novembre 2017 at 11:28

      Oui, plus j’écris et je reçois de commentaires, plus je me rends compte qu’au final ce que je vis, c’est l’histoire de beaucoup de parents et pas uniquement celle des papas.
      C’est chouette de réaliser que finalement qu’importe notre culture, qu’importe notre milieu, nous avançons tous dans la même direction, avons tous les mêmes aspirations pour nos enfants et que c’est grâce à chacun d’entre nous que le monde de demain sera un tout petit peu plus beau que celui d’aujourd’hui. Petite brique par petit brique :o)

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