Devenir père

J’ai testé pour toi : La Couvade.

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La couvade, mais qu'est-ce donc ?

On pourrait la définir comme un nouveau lifestyle, comme un nouveau régime à la mode ou même comme un choix de développement personnel. Moi, j’ai décidé de vivre ma couvade, que dis-je, mes couvades comme l’accompagnement psychologique minimal à apporter à ma femme lors de ses grossesses. En effet, bien que vous pourriez toujours essayer de faire durer la vôtre un peu plus longtemps que les neuf mois réglementaires, la couvade devrait dans la plupart des cas s’arrêter le jour de l’accouchement.

La couvade se caractérise par l’apparition chez le futur papa de symptômes qui ressemblent étrangement à ceux d’une femme enceinte. Et même si on ne sait pas vraiment d’où proviennent exactement les effets d’une couvade, la piste la plus couramment abordée est celle de symptômes psychosomatiques qui surviennent suite à certains dérèglements hormonaux. Il sera en effet possible de constater chez certains hommes d’une part une augmentation du cortisol (une hormone du stress) et de la prolactine (une hormone de lactation) et d’autre part une baisse de testostérone (une hormone qui favorise une agressivité compétitive et une plus grande prise de risque). Quand on y pense, ces changements hormonaux sont plutôt une bonne chose pour préparer au mieux le futur papa à ses nouvelles responsabilités.

Il est à noter qu’une autre expression désigne ces mêmes symptômes : la grossesse sympathique. Je ne sais pas toi mais moi je trouve cette formulation bien plus en phase avec ma façon de l’aborder. La sympathie quand on y pense, c’est être en accord avec le sentiment de l’autre, c’est le pouvoir intérieur que nous détenons et qui nous permet de participer aux plaisirs et aux peines d’autrui. Joliment dit, n’est-ce pas?

En parlant d’expressions, en anglais, lorsqu’un couple annonce qu’ils attendent un enfant, cela se dit « we’re pregnant », à traduire « nous sommes enceints ». Et dans le cas d’une couvade, c’est justement le cas de le dire !

Mais concrètement, ça signifie quoi?

En tant que père, nous sommes condamnés à ne jamais porter d’enfant au creux de nous. C’est une réalité qui emplira de tristesse certains mais en rassurera d’autres. Quoi qu’il en soit, force est de constater que ce n’est pas parce que nous ne sommes pas enceints que nous ne vivrons pas à notre façon la grossesse de notre futur enfant.

Et même les pères qui ne connaîtront pas la couvade à proprement parlé vivrons également leur lot de changements, leur propre évolution qui les amèneront à traverser cette phase de transition vers la paternité.

C’est donc une réalité qui est bien connue aujourd’hui : les femmes ne sont plus les seules à pouvoir vivre pleinement leur grossesse. On y a droit aussi et on est de plus en plus nombreux à le revendiquer sans honte !

Mais et moi ? Suis-je un conjoint couveur ?

C’est une question tout à fait légitime qui se pose dès les premiers symptômes observés. Mais de cette simple question va découler toute une série de questionnements personnels intérieurs :

  • Est-ce normal ?
  • Suis-je le seul dans ce cas ?
  • Est-ce une maladie ?
  • Dois-je me soigner ?
  • Que faire ? Que faire ? Mais que faire ?

A première vue, il n’y a pas lieu de s’inquiéter avant que les premiers symptômes arrivent. En effet, cet état n’est pas vécu par tous les pères et il y a de grandes chances pour que tu y échappes. De même que si tu as un mal de tête ou que tu te sens mal durant la grossesse, tu peux également tout simplement être malade.

J’ai eu beau prendre à la rigolade mes couvades, ces moments n’en sont pas moins gênants et pour certains tabous. C’est pourquoi dans cet article j’aborderai un maximum de points afin de couvrir au mieux ce sujet et permettre à chaque père qui se cherche dans cette phase de trouver les réponses à ses questions ou tout du moins de laisser une porte ouverte à la discussion. N’hésite donc pas à sauter sur l’occasion pour partager tes ressentis.

Le plus compliqué dans la démarche de compréhension des symptômes est de savoir faire la part des choses entre les éléments qui sont liés à la couvade et ceux qui sont simplement liés aux changements qui sont apportés à notre vie.

Une prise de poids peut être l’une des conséquences d’une couvade ou simplement un changement drastique dans notre alimentation. Des sauts d’humeur, une nervosité accrue voire de l’irritabilité peuvent provenir d’un dérèglement hormonal ou simplement d’un stress sous-jacent qui apparaîtra lorsqu’on désirera tout mettre en oeuvre pour accueillir au mieux le nouveau membre de la famille.

Si j’en crois les chiffres sur ma balance, à chaque couvade, j’ai pris entre 20 et 25 kg ce qui semble loin d’être une situation normale. J’ai toujours été quelqu’un avec un certain embonpoint mais une prise de poids de cette envergure sur un laps de temps si court m’a interpellé. Il est vrai que l’action de manger a toujours été pour moi l’un de mes outils de gestion du stress. Alors si la prise des poids est l’un des facteurs les plus couramment observés dans le cadre d’une couvade, c’est peut-être parce qu’au niveau hormonal l’augmentation de cortisol va avoir un double impact sur notre corps : non seulement elle va augmenter la glycémie dans le sang mais en plus elle va augmenter notre niveau de stress qui en poussera plus d’un à manger davantage.

Durant la grossesse de mon aîné, j’ai eu une terrible chute de tension suivie d’une crise d’angoisse en plein milieu d’une salle de conférence où j’assistais à une formation collective. C’est en sortant de cette salle et en reprenant mon souffle à l’air libre que j’ai pu prendre le recul nécessaire afin de faire cette analyse : J’avais passé une nuit ni mauvaise ni courte, j’avais mangé un bon petit déjeuner et j’avais bu de l’eau tout au long de la matinée. De plus, j’étais assis au calme quand elle est apparue et il ne faisait pas particulièrement chaud. Je n’étais ni malade ni mal en point et finalement j’ai remis l’ensemble de ces éléments dans un contexte plus global : je ne suis pas quelqu’un qui est sujet à des chutes de tension régulières. C’est en mettant tous ces éléments ensemble et en les confrontant avec la façon dont j’aurais réagis en tant normal que j’ai pu établir avec plus ou moins de certitude le lien avec l’unique variable qui avait changé dans ma vie : la grossesse de ma femme.

Depuis, j’ai appris à reconnaître ces petits moments parfois perturbants, parfois désagréables, qui sont apparus ici et là durant mes grossesses sympathiques. Et comme il n’est pas évident dans un premier temps de savoir où regarder et comme les identifier, voici une liste non exhaustive de symptômes que tu pourrais vivre de manière plus ou moins forte :

  • Une prise de poids, des fringales et envies culinaires assez particulières
  • Des mots de dos
  • Des nausées et ballonnements abdominaux
  • Des chutes de tension et crises d’angoisse
  • De la fatigue et des insomnies
  • De la nervosité voire de l’irritabilité
  • Des inquiétudes fortes
  • Des pertes de mémoire ou/et de repères
  • Un manque de concentration
  • Des sauts d’humeur et de l’hypersensibilité
  • Durant l’accouchement, des contractions
  • Après l’accouchement, une dépression post-natale

Comme tu peux t’en rendre compte, pour chaque exemple donné ci-dessus il y aura toujours moyen d’y trouver une raison autre que la couvade et il sera toujours possible d’hésiter sur son propre diagnostic. L’important au final c’est d’être ouvert à l’écoute de son corps et d’accepter de vivre une période hors du commun. En fait, une grossesse, c’est un petit peu un moment extra-ordinaire, dans les deux sens du terme.

Mesdames enceintes, ce message est pour vous.

Cet état symptomatique n’est pas à prendre à la légère. Ces troubles psychologiques et physiologiques se manifestent de manière psychosomatique. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas être contrôlés et provoquent réellement les sensations  et symptômes qui y sont liés. Ils n’apparaissent ni pour vous voler la vedette, ni pour rendre votre grossesse plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

Mon conseil sera d’accompagner votre compagnon comme il vous accompagne. Avec respect, amour et écoute. S’énerver ou refuser d’accepter que la couvade est une réalité n’apportera rien de positif. A l’inverse, j’aimerais que vous la voyiez comme une volonté de tout père de s’impliquer davantage dans la grossesse, de la vivre en tant que famille, de trouver sa place dès les premiers moments. Derrière chaque couvade, se cache une réelle envie de partager un moment fort, de se frayer une place dans le cocon familial en construction, d’être écouté et de se sentir aimé. C’est quand même plus sympa quand on la voit sous cet angle-là, non?

Ça se soigne, docteur ?

La couvade n’est pas reconnue comme une maladie, il y a donc pas de traitement médical existant. L’avantage en tant qu’homme, c’est que nous avons accès à l’ensemble des médicaments qui soulagent la douleur qu’on pourra utiliser pour diminuer certains maux physiques.

Par ailleurs, j’aimerais proposer quelques petits conseils qui permettront au couple de vivre cette période de vie d’une manière plus soudée et plus connectée :

  • Garder une oreille attentive
  • Conserver une bonne dose de réconfort
  • Donner autant d’amour et de tendresse que possible
  • Planifier une séance d’haptonomie en couple
  • S’écrire des petits mots doux
  • Se rendre ensemble aux rendez-vous médicaux (et pourquoi pas s’envoyer des cartons d’invitations personnalisés pour les journées d’échographie ? Ces journées sont souvent plus magiques que nos propres fêtes d’anniversaire !)
  • Garder ou prendre des bonnes habitudes de vie : Sommeil, nutrition et exercice physique aideront également dans notre cas présent
  • Prendre le temps pour des moments de relaxation, de méditation et de respiration
  • Vivre des instants romantiques

Et puis, plus spécifiquement pour les pères, mon plus grand conseil sera de réaliser un grand nombres de tâches liées à la préparation de votre future vie. C’est grâce à ces petits actions quotidiennes que je me suis vraiment senti devenir père, que j’ai eu l’impression de prendre les choses en main et de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Voici quelques tâches qui pourront être prises en main :

  • Rechercher une crèche
  • Faire les magasins pour acheter des vêtements pour bébé entre 0 et 6 mois
  • Construire ou restaurer un berceau pour qu’il soit unique
  • Préparer la valise de maternité
  • Aménager une nouvelle chambre accueillante
  • Rechercher quel est le meilleur siège auto du moment
  • Devenir un expert en baby-phone, chauffe-biberon et autres électroménagers nécessaires

L’important aussi bien pour le père que pour la mère est de vivre cette grossesse de la manière la plus facile et la plus paisible possible. C’est finalement le plus beau cadeau que vous pourrez offrir à votre enfant durant ces neuf mois.

Et les avantages dans tout ça ?

Vivre une couvade en tant que père n’est pas de tout repos mais de mon côté j’ai relevé quelques avantages que j’ai eu la chance de vivre, parce qu’on ne vit qu’une fois !

  • Faire des concours de celui qui a le plus gros ventre et figer sur la pellicule ces moments magiques qui feront des photos de couple originales.
  • Se lever la nuit et vider à la petite cuillère un pot de Ben&Jerry Cookie Dough (oui oui, je parle bien du grand pot d’un demi litre)
  • Se coucher tard par manque de sommeil (et pour finir le dernier épisode de Game of Thrones) mais se lever tard aussi avec un petit déjeuner au lit pour éviter les nausées matinales
  • Pouvoir en profiter pour se refaire une garde robe grande taille (acheter également de nouvelles baskets assorties bien entendu)
  • Rester le centre d’intérêt familial (surtout qu’une fois bébé parmi vous, tu passeras d’un statut de Rock Star à celui d’un Roadie aux yeux du monde)
  • Pouvoir sortir des phrases du type « Oui ma chérie, je PEUX comprendre » (attention, ce dernière point est dangereux et est à éviter autant que possible)

Les quelques mots de la fin

En conclusion, ces grossesses sympathiques sont pour moi des souvenirs inoubliables, souvent drôles à y repenser, qui m’ont permis de créer un lien plus fort avec ma femme durant cette période et d’être bien mieux préparer à l’arrivée de mes enfants. Je n’ai regretté ma vie de couveur professionnel qu’à un seul moment : la période post-couvade où il faut savoir combiner un nouveau métier de père avec un plan complet de remise en forme digne d’un champion olympique. Mais ne t’inquiète pas si tu es dans le même cas que je l’ai été, l’une de mes envies qui m’a poussé à lancer ce blog est de partager toutes les techniques qui m’ont permis de (re)trouver ma place au sein de ma famille, de (re)trouver également une silhouette svelte et sportive mais aussi de découvrir quel père j’étais et comment jour après jour devenir une meilleure version de moi-même.

2 Comments
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2 Comments

  1. Maman du 21ème siècle
    27 septembre 2017 at 11:19

    Mon frère a fait une petite couvade aussi. Je pense qu’il y a bien plus de papas que ce que l’on imagine qui sont concernés. Mais c’est toujours agréable d’avoir un témoignage masculin !

    • Happy Daddy
      28 septembre 2017 at 10:00

      Oui ! C’est en décidant de mettre un mot sur ce que j’avais vécu et d’en discuter autour de moi que j’ai réalisé que j’étais loin d’être le seul. Ce qui est parfois difficile pour certains n’est pas de la vivre ou de l’accepter mais également de savoir comment rebondir après car pas évident de retrouver un rythme sain une fois que la famille s’est agrandie ! Merci pour le commentaire.

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