Devenir père

Se perdre dans sa parentalité

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Pour mieux se retrouver, trouver sa voie en écoutant sa voix

Il y a quelques temps, j’ai vécu un virage à 180 degrés dans ma vie de parent.

Parce qu’il y a de ces moments où tu sais où tu vas. Tu es confiant dans le choix de la route que tu empruntes et, plus tu avances, plus tu vois tes rêves se réaliser.

Parce qu’il y a de ces moments où tu te perds l’espace d’un instant pour retrouver rapidement ton chemin. Petit contre-temps. Parfois physique. Parfois psychique. Qui t’a ralenti. Certes. Mais qui ne t’as pas démotivé pour autant. Parce que nous connaissons tous des coups durs, nous vivons tous des moments de tristesse et nous avons tous le droit d’accuser le coup. De prendre le temps de reprendre notre souffle avant de reprendre le chemin de la vie.

Cependant, il y a également de ces moments où nous suivons la mauvaise direction. Conséquence de petits choix qui semblaient inoffensifs au quotidien. De mauvaises habitudes. Conséquence d’un manque de confiance en soi, de difficultés qui nous semblaient insurmontables, de barrières qui se sont dressées durant notre voyage.

Et dans ces moments-là, nous vivons une expérience complexe à comprendre et à appréhender :

Plus tu avances dans la mauvaise direction, plus tu t’éloignes de ta destination. Et plus tu t’éloignes de celle-ci, plus la route sera longue pour rebrousser chemin. Chaque pas que tu fais à contre-sens te demandera de le réaliser à nouveau lors du trajet du retour.

Comme un alpiniste qui sait qu’atteindre le sommet n’est que la moitié du chemin, remonter la pente ne te permettra que de revenir au point de départ. Non seulement tu devras trouver une énergie impressionnante pour revenir sur tes pas mais tu devras surtout accepter que revenir sur ce point de départ n’est pas un échec mais bien le début d’une nouvelle aventure. Ta nouvelle aventure !

Du côté de ma parentalité

Si je te parle de cela, c’est parce qu’un jour, j’ai dû lutter contre moi-même. Accepter inacceptable. L’éducation que j’offrais à mes enfants était à l’opposé de ce dont je rêvais pour eux.

Quand tu réalises qu’en essayant d’aimer, tu blesses les personnes qui te sont chères. Qu’en continuant ta route, tu t’éloignes d’eux. Tu tombes à genoux. Tu t’écroules. Et quand tu te relèves, tu as deux choix : continuer ta vie en espérant que la situation s’arrange par elle-même ou remettre en cause tout ce qui fait que tu es toi.

Et je peux t’assurer que remettre en cause ses fondements éducatifs, c’est dur. C’est même très dur. C’est une étape que personne ne désire vivre. Tout simplement parce qu’elle signifie que nous n’avons peut-être pas fait ce qu’il y avait de mieux pour notre enfant. Si tu as lu mon article précédent, tu sais que j’ai décidé de ne plus revenir sur le passé. C’est grâce à cette décision que j’ai pu me relever, faire demi-tour et gravir la pente dans laquelle je m’étais engouffrée.

Écoutons notre voix intérieure

Nous avons tous une petite voix intérieure. Celle qui se fait discrète. Celle qui brille par sa timidité. Et pourtant, elle brûle en silence. Et pourtant, elle crie sans dire mot.

Je réalise que chacun possède sa propre expérience de la parentalité. Unique et pourtant si familière. Nous avons tous au fond de nous un rêve, un idéal parental.

Alors même si aujourd’hui tu te trouves sur un chemin heureux rempli de bonheur, je te propose de partir à la découverte de ta petite voix et d’écouter ton corps pour vérifier si, en tant que parent, tu avances dans la bonne direction. Si les choix que tu fais dans l’éducation que tu donnes à ton enfant sont ceux qui correspondent à tes valeurs. A tes convictions.

Prendre le temps, ouvrir l’oreille

Pour entendre cette voix intérieure, il n’y a pas de solution miracle. C’est un travail d’introspection qu’il nous faut réaliser. Ce qui veut dire qu’il va nous falloir trouver un moment calme dans une vie souvent trop mouvementée pour laisser notre corps s’exprimer.

Chez moi ma petite voix s’exprimait principalement par le stress et mon irritabilité. Des symptômes primaires que j’avais un peu trop facilement reliés à un travail trop prenant, des horaires trop importants et des responsabilités compliquées à gérer.

En prenant le temps de me recentrer, d’aller plus loin que ces symptômes primaires, j’ai ressenti au fond de moi cette boule au ventre, cette peur incontrôlable. Elle avait toujours été là. Elle m’était familière. Et j’avais mis toute mon énergie pour la cacher au plus profond de moi-même.

Ce sentiment, j’ai appris que c’était mon inconscient. Enchanté !

Ce petit être au fond de toi qui sait pertinemment bien que tu te trompes mais qui t’aime trop que pour te le claquer au visage. Partenaire de l’ombre. Il voit. Il comprend. Il sait que tu passes à côté de ton bonheur.

Et puis, il sait aussi que tu as fait des efforts pour arriver là où tu es aujourd’hui. Il ne sait pas comment te dire qu’une partie de ces efforts sont vains. Que l’énergie que tu dépenses chaque jour en te dirigeant vers la mauvaise direction est de l’énergie gâchée. Sacrifiée sur l’autel de la course poursuite dans laquelle tu t’es lancée.

Aujourd’hui, grâce à ces temps calmes de réflexion et à la méditation que j’ai commencé récemment, j’ai pu remonter la pente et atteindre ce fameux point de départ.

Je suis prêt.

“Finalement” diront certains.

“Juste à temps” leur répondrai-je.

J’ai atteint mon point de départ. Je peux me construire. Je peux devenir le parent que j’ai toujours eu envie d’être. Et il n’y a pas de plus grand bonheur que commencer mon aventure avec la conviction d’aller dans la bonne direction. Même si je me perds. Même si je m’égare. J’ai la certitude de retrouver mon chemin.

Avance, prends la route avec moi

Ta vie ne t’attend pas.

Tu peux perdre tout ce que tu as de plus cher en un battement de cils.

Chaque seconde de passée ne pourra jamais être récupérée.

S’il t’arrive de ne pas (re)trouver ton chemin dans la parentalité, je t’invite à travailler sur toi-même. Dès aujourd’hui. Il n’y a pas de meilleur moment que de commencer à mettre en place des petites actions qui te guideront vers ton rêve de devenir le meilleur parent pour ton enfant. Mais pas tout seul. Faisons-le ensemble. Jour après jour.

J’ai mis (trop) longtemps à le comprendre.

Je n’ai pas voulu entendre ce même conseil quand il m’a été donné.

Et pourtant, qu’avais-je à perdre ? Mon confort ? Ma sécurité ? Et à quel prix ?

Cherche à devenir une meilleure version de toi-même et sans t’en rendre compte tu verras dans le regard de ton enfant le changement pour lequel tu t’es battu.

8 Comments
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8 Comments

  1. Amandine Plume2vie
    30 novembre 2017 at 6:20

    Encore une fois, touchée et je me suis assez reconnue. On a tous un idéal d’éducation mais le rythme change, Nous aussi Et nos enfants savent tres Bien Nous montrer des choses qui nous font changer Et regarder la vie autrement. Nous permettre également d’avancer autrement…

    J’ai beaucoup aimé cette phrase: Nous avons tous une petite voix intérieure. Celle qui se fait discrète. Celle qui brille par sa timidité. Et pourtant, elle brûle en silence. Et pourtant, elle crie sans dire mot.

    Je l’ai ressenti après avoir été licencié, Apres vécu ce cauchemars pendant ma grossesse et Apres! Je me suis finalement révélée, je me suis éprise à rêver, à pouvoir envisager une autre vie pour Moi pour eux…

    J’ai réalisé pas mal de chose. Je n’ai jamais médité mais on sent que tu le fais régulièrement dans la manière dont tu écris Et tu penses! Je me trompes?

    MERCi encore Laurent pour ce bel article Et bravo super papa

    • Happy Daddy
      30 novembre 2017 at 7:59

      Oui, il a des jours où je suis certain qu’ils m’apprennent plus que ce que moi je leur apprends.

      Même si je reste dubitatif face à cette pensée, il semblerait que c’est parce qu’on vit parfois des cauchemars que la beauté de la vie ressort plus belle. J’aime surtout me dire qu’il existe toujours un bonheur caché derrière un malheur.

  2. Happy Daddy
    30 novembre 2017 at 7:54

    C’est en voulant apprendre à mon aîné à méditer que j’ai réalisé que je ne savais pas ce que ça signifiait exactement alors j’ai commencé il y a un peu plus de deux mois et c’est devenu l’un de mes outils préférés. Mais comme j’ai envie de partager toute l’expérience, j’imagine que j’écrirai un article dessus dans pas trop longtemps :o)

    Belle soirée

  3. Picou
    1 décembre 2017 at 10:59

    C’est une démarche sacrément courageuse, de prendre sa vie à bras le corps, de faire demi tour, et surtout d’admettre ses faiblesses et de s’avouer qu’on a fait fausse route. On sent cette conviction que tu as que ça y est, tu reprends le fil et que quoi qu’il arrive, et où qu’il te mène, tu ne pourras plus te perdre. C’est très beau, et ta démarche n’en a que plus de valeur – ne pas te perdre dans ce passé, mais voir maintenant le futur et la route vers le bonheur qui t’attend. Je te souhaite d’y parvenir tranquillement, mais sûrement!

    • Happy Daddy
      1 décembre 2017 at 11:32

      Merci beaucoup. J’ai l’impression que l’important c’est de toujours veiller à garder ce fil, cette corde, en main. Même si dans la vie de parents, on a souvent les deux mains bien occupées ;o)

  4. Maman du 21ème siècle
    1 décembre 2017 at 2:56

    Pas évident de prendre ce virage à 180°C, le plus difficile est la prise de conscience. Mais, même une fois qu’on l’a décidé, il faut travailler chaque jour sur soi pour pouvoir appliquer ce que nous avons décidé, c’est un sacré boulot, mais qui en vaut vraiment la peine !

    • Happy Daddy
      1 décembre 2017 at 3:09

      Ce fameux travail quotidien…
      Qui semble tellement impossible, insurmontable quand on le regarde en se disant « il faudra que j’arrête ceci » « il faudrait que je commence cela » alors qu’une fois que l’on a franchit les quelques premières semaines difficiles, c’est gagné !

      Ce qui est drôle c’est de réaliser que la motivation saine (la vraie, qui nous permet de conserver nos bonnes habitudes), elle n’apparaît qu’après avoir fait des efforts réguliers. Et non l’inverse.

  5. Les Délices de Framboise
    3 décembre 2017 at 6:01

    Je découvre ton blog suite à un ton commentaire sur le mien et je t’avoue que je reste scotchée par tes mots ! Tu sais trouver les bons mots et j’ai bien aimé suivre ton cheminement dans l’article ! Ce n’est pas toujours facile de se rendre compte que l’on est pas le parent que l’on aurait voulu mais c’est encore plus dur de l’admettre et de se remettre en question !
    Je te sens très serein quant au chemin que tu prends maintenant.
    Et puis je dois dire que les papas dans la blogosphère ne sont pas très courants, donc très jolie découverte.
    Bisous

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